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Je suis une p’tite Descampe qui vit à Compton

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Dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur l’intégration des immigrants dans la région de Coaticook, en collaboration avec la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) de Coaticook, différentes personnes, ayant choisi la région comme milieu de vie, ont été interrogées sur leur intégration. C’est maintenant au tour de Corine Descampe, de la Belgique, de nous conter son histoire, qui vit dorénavent dans la municipalité de Compton!

Le canevas

Si les arts font partie de sa vie depuis toujours, Corine Descampe ne cherchait pas à en vivre. Pourtant, l’art se vit au quotidien pour cette native de Waterloo, près de Bruxelles. Dans son restaurant au cœur de Compton, elle enjolive les murs de ses toiles, conçoit toute son infographie, crée des mets dignes d’œuvres d’art. « Mon papa m’a toujours dit : tant qu’à faire quelque chose, fais-le bien! C’est tellement plus cool d’avoir un truc bien présenté que garroché! », lance-t-elle dans un québécois assumé.

Une entrée remarquée

Corine a 13 ans quand elle commence comme plongeuse au resto de son père les weekends. Dans un autre resto, elle passe de la plonge aux entrées froides, aux entrées chaudes, aux desserts. « Dès que je vois la séquence, je sais comment faire », raconte cette autodidacte. Serveuse à 18 ans, elle apprend à vaincre sa timidité. Puis, voilà qu’elle déménage à Bromont avec son père qui veut devenir… pilote d’hélicoptère!

Le plat de résistance

De 28 à 33 ans, Corine travaille pour une restauratrice intraitable qui voit tout de suite son potentiel. Corine apprend à connaître les clients, en se racontant aussi. « Grâce à cet échange, la vie est beaucoup plus douce, plus sympa! » Pendant l’année sabbatique qu’elle prend pour réfléchir à son avenir, elle conçoit le projet du 5e Élément. « J’avais pas une cenne, pas de local, mais j’avais un projet! ». Elle en parle à tout le monde, partout, tout le temps, pendant trois ans!

Réunir les ingrédients

Grâce à un mirobolant concours de circonstances, Corine se rapproche de son rêve. Elle trouve un local vide chemin Louis-S.-Saint-Laurent, où tout est à faire. Seule entre ces murs nus, elle commence par repeindre. Quand elle va manger au resto voisin, les discussions s’arrêtent net : mais qui est cette fille mystérieuse et rieuse, boule à zéro, sourcil percé, accent chantant? Quelques jours plus tard, un peintre en bâtiment l’aborde : « Je trouve que t’as du guts, j’ai envie de t’aider! », lui annonce-t-il. Autant de rencontres semblables permettront à Corine de se propulser et d’ouvrir le 5e Élément, en 2005. À peine déposée, elle se soucie de se renouveler. Elle introduira ses fameux sorbets et confitures, dont les uniques Pomme & thym et Poire & romarin qui se marient à merveille avec les fromages de La Station. « Ma place, c’était vraiment ici! », se réjouit-elle.

Un appétit dévorant

Partie en voyage après l’aventure du 5e, elle reçoit l’appel d’un homme qui veut acheter son fonds de commerce. Elle ouvrira un café en face, même si son père lui dit qu’elle y sera trop à l’étroit. Six mois plus tard, elle doit lui donner raison. Armée de son courage, de son aplomb de femme d’affaires et des conseils de son père, elle négocie le bail de la maison de chanvre située à Compton qu’elle convoitait au départ. C’est là qu’elle vous accueille aujourd’hui pour vous donner Que du bonheur! « Les gens sont comme chez eux, ils font partie de ma famille comme je fais partie de la leur. C’est un super bel échange! », de dire la généreuse propriétaire aux allures de gamine, sourire franc et yeux brillants. Depuis deux ans, elle tâche de mettre la pédale douce et de s’offrir une meilleure qualité de vie. Difficile pour cette hyperactive de ralentir, même quand sa santé l’alerte : « Je fais pas une job, je vis un truc, c’est pas pareil! »