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Je suis Diana Guerra du Mexique et je m’implique dans ma communauté comme une p’tite Bessette

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Diana Guerra

Dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur l’intégration des immigrants dans la région de Coaticook, en collaboration avec la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) de Coaticook, différentes personnes, ayant choisi la région comme milieu de vie, ont développé des liens d’amitié avec les locaux.  Découvrez l’histoire de Diana Guerra.

Tridentité

« Je suis une vraie Nord-Américaine : ma mère est Mexicaine, mon père est né aux États-Unis et moi, j’habite au Canada! » lance Diana Guerra dans un éclat de rire.

Née à Mexico, Diana grandit dans un petit quartier où la sécurité est une préoccupation de tous les instants. Esprit curieux et aventurier, elle voyage en Europe, en Afrique, au Canada. Elle apprend l’anglais très tôt, puis le français vers l’âge de 15 ans.

Au Mexique, elle entreprend des études en design industriel et architecture, qu’elle poursuivra en Europe. C’est là qu’elle découvre le lien entre environnement et engagement collectif. Elle revient l’année suivante au Mexique pour travailler avec des communautés rurales autochtones afin de consolider des entreprises familiales fabriquant des produits artisanaux à l’aide de matières premières issues de la nature. Ce lien avec l’environnement lui donne envie de poursuivre ses études.

Ouverture sur le monde

En 2006, elle entreprend la maîtrise en Sciences de l’environnement à l’UQAM. Elle lance alors un projet d’économie circulaire des textiles en Thaïlande, avec de jeunes femmes issues du trafic de personnes.

Dans le cadre de ce projet, elle prend contact avec des organismes à but non lucratif qui travaillent avec des chercheurs en environnement. Ce projet a permis d’aider 500 jeunes femmes : « Au-delà de la question environnementale, le nettoyage des déchets avait un effet thérapeutique sur les participantes. » Le projet a toujours cours, 10 ans plus tard.

Un nouveau milieu de vie

Comme elle parlait français à son arrivée, son intégration a été relativement naturelle, de même que l’obtention de sa résidence permanente. « J’ai été super bien accueillie, je n’ai jamais senti de différence, je suis bien intégrée : j’ai étudié ici et je suis mariée avec un Québécois. »

À la naissance de sa fille en 2011, son amoureux la convainc de s’établir en région. Quelques années plus tard, elle prend contact avec des groupes sensibles à la permaculture, la construction écologique, l’autonomie alimentaire. « Je me demandais comment vivre de façon plus responsable, mais je recherchais surtout une communauté tissée serrée. »

À Waterville, elle visite l’école et les commerces, rencontre des citoyens… Elle y emménage en 2016, dans un appartement, le temps de construire sa maison solaire passive avec jardin en façade et serre attenante. « Plus que jamais, la volonté de travailler de façon collective, d’unir les personnes dans cet environnement si propice, ça fait partie de mon rêve, et c’est dans ma réalité actuelle. »

Un engagement à toute épreuve

Diana appuie les valeurs de collectivité, de justice et de transparence. Croyant avec ferveur que l’entraide est la solution, elle souhaite trouver un meilleur moyen de travailler ensemble, dynamiser la communauté et amener des idées difficiles à faire accepter. « Et si le pouvoir de renverser la tendance se trouvait au cœur de nos communautés? »

La bienveillance, c’est la clé

Diana ressent le besoin de contrer la culture de la peur ancrée au Québec. Dans un milieu où l’entraide serait plus présente, peut-être pourrait-on envisager une réduction de l’isolement? Selon Diana, la solution réside dans le rapprochement entre générations, une prise en charge collective, le respect et la transmission des connaissances intergénérationnelles. De même, elle insiste sur l’importance de travailler de concert avec les personnes immigrantes, d’apprendre de leur expérience, d’encourager la communication.