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Je m’appelle Balby Gadoh et je me passionne pour la musique et les liens qu’elle crée

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Dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur l’intégration des immigrants dans la région de Coaticook, en collaboration avec la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) de Coaticook, différentes personnes, ayant choisi la région comme milieu de vie, ont développé des liens d’amitié avec les locaux.  Découvrez l’histoire de Balby Gadoh.

Faire ses gammes

Balby nait dans la capitale togolaise, Lomé, en bordure de la mer. Dans sa famille, la musique est très présente. Sa mère, herboriste et guérisseuse, soulage les gens à l’aide de chants et de plantes médicinales. Son oncle, chef d’orchestre et musicien, engage Balby pour danser pendant que lui-même joue du saxophone, dans les fêtes familiales et les boutiques du quartier.

L’école ne convient pas à Balby. La rigidité et l’uniformité, très peu pour lui! Il se met à fréquenter l’école de la rue où il danse, découvre les percussions, cumule les boulots, apprend plusieurs langues et, surtout, se fait plein d’amis.

À 23 ans, il adopte le mode de vie nomade et prend une décision déterminante : « Toute ma vie, je vais me concentrer sur les enfants de la rue. Ils ont besoin de soutien, mais surtout de rigoler, de parler, d’être écoutés. » Et pour Balby, c’est la musique qui donne accès à l’autre.

Création et adaptation, clés de l’intégration

Au fil des ans, Balby parcourt son pays natal comme guide touristique, travaille et joue de la musique dans les pays voisins et, à l’issue de circonstances inusitées, il épouse Sophie, originaire du Lac-Saint-Jean, rencontrée lors d’un stage au Togo. Quand il arrive avec elle à Québec, il n’a pas de choc, « car je voulais vivre comme en Occident depuis toujours, mais j’aurais tout de même cru me déplacer en limousine! », rigole-t-il.

Même s’il a toujours travaillé en Afrique, il lui faut ici se plier à un cadre. Cueillette de petits fruits, aménagement paysager, peinture, soudure, direction d’équipe dans une entreprise manufacturière… il touche à tout. « Faire comme tout le monde, ça ne m’intéresse pas, et je n’aime pas m’ennuyer! » Il commence aussi à jouer de la musique à Montréal, puis s’établit à Dolbeau-Mistassini, jusqu’à ce que l’appel de la mer soit trop fort. La famille part alors pour Gaspé.

La devise de Balby porte ses fruits : dès son arrivée à Gaspé, le directeur d’une école alternative l’approche. Il a entendu parler de lui et l’embauche pour enseigner le djembé à de jeunes décrocheurs… de son domicile! « La région est plus propice à penser autrement : le contact d’humain à humain prévaut sur les conventions dont on s’embarrasse ailleurs », remarque Sophie.

Oui au tempo, non au temps! 

« Chez moi, le temps ne compte pas. Si tu veux compter le temps, tu ne vas rien faire. Moi, je fais ce que j’ai à faire et le temps, il se compte tout seul! »

Talentueux, sociable et généreux, Balby est maintenant établi en Estrie et collabore avec des musiciens de tout genre. De partout au Québec, on lui envoie des maquettes, il enregistre un accompagnement aux percussions et on lui répond que c’est exactement ce qu’il fallait : « Pas besoin de faire de répétitions avec moi! »

Dans toutes les pièces de sa maison s’entassent plusieurs dizaines de congas, djembés et balafons de provenances diverses : « Je suis collectionneur de sons, j’adore tout ce qui fait des sons et ce qui est différent », plaide-t-il.

La musique rapproche et fait avancer

Avec tous ses instruments et, surtout, sa passion, Balby donne la chance à tout le monde de s’exprimer par la musique. Il donne des ateliers de danse et de percussions dans les écoles, au Centre culturel et communautaire de Waterville, aux personnes ainées, en plus de prononcer des conférences sur son parcours de vie : « Ce par quoi je suis passé, ça fait partie de moi, c’est moi! Tout ce que je fais, je m’en sers pour avancer. »

Voir la vidéo: https://www.facebook.com/regiondecoaticook/videos/816672585841126