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Je suis Camila Vásquez et je me passionne pour l’art bien ancré dans la communauté!

Publié le

Camila Vasquez

Dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur l’intégration des immigrants dans la région de Coaticook, en collaboration avec la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) de Coaticook, différentes personnes, ayant choisi la région comme milieu de vie, ont développé des liens d’amitié avec les locaux.  Découvrez l’histoire de l’artiste Camila Vásquez.

Le sentiment d’être de retour chez soi 

Née à Montréal de parents chiliens, Camila a vécu quelques années dans la métropole québécoise et en Ontario, pour ensuite déménager au Chili. Elle y a obtenu son baccalauréat en arts visuels, puis est revenue au Québec pour sa maitrise en arts visuels et médiatiques : « Les couleurs automnales, les odeurs de boulangerie, la lumière si particulière de septembre… Je le sentais profondément dans mon corps que je me retrouvais chez moi! »

Artiste coute que coute  

Camila se décrit d’abord comme une chercheuse, car pour chaque projet, elle met en valeur ce qu’elle recueille et s’en sert aussi comme matière brute pour créer avec les moyens d’expression artistique qui vont le mieux servir son propos : dessin, photo, écriture, installation, performance, projets participatifs.

Malgré le tourbillon perpétuel de la vie, Camila ne concevrait pas d’arrêter de créer : « L’art, c’est ma nature la plus profonde! » Elle pose toutefois une question légitime : pourquoi n’aurait-elle pas de salaire horaire comme tout autre travailleur? Lorsque les artistes décrochent une subvention, leur cachet reste le même, qu’ils mettent 150 ou 2 000 heures sur le projet.

Connais-toi toi-même 

On le voit avec la pandémie, l’art n’a pas la cote en politique. On sacrifie aussitôt ce milieu. Pourtant, c’est bel et bien un service essentiel! Il permet de mieux se connaitre et d’aller à la rencontre des autres.

Et qui dit connaissance de soi dit racines, terme que Camila a pris au sens littéral en 2019. C’est lorsqu’elle était artiste en résidence à Coaticook qu’a germé son projet Les racines sont importantes, qu’elle a ensuite implanté à la ferme Sanders de Compton. « En milieu rural, les gens sont avides de recevoir des propositions d’artistes professionnels. Ça vaut la peine de répondre à ce besoin, même si la visibilité est moindre. On trouve en campagne une richesse humaine inestimable, un terreau fertile à l’expression artistique. » Alliant photos, dessins et documentaires audio sur l’ardeur, l’innovation et la persévérance qu’exige le travail de la terre, l’exposition présentée en mars a attiré pas moins de 150 personnes!

Repenser la famille: de l’utopie aux nouvelles stratégies

Portée par cet élan, Camila propose en mai 2019 un laboratoire socioartistique dans sa communauté, Waterville. En collaboration avec plusieurs partenaires, elle amorce un projet de médiation culturelle avec huit familles locales d’horizons différents, incluant la sienne.

Il consiste surtout en des ateliers où parents et enfants réfléchissent sur leur vécu et créent ensemble par le dessin, l’écriture, l’affichage de rue, l’animation image par image, la photographie et le documentaire. « Dans notre société, les familles sont isolées, déplore Camila. On fréquente moins son voisinage, on délaisse les liens autrefois naturels avec la famille élargie. Le projet vise à briser cet isolement et à explorer en profondeur des réalités actuelles avec sérieux, mais aussi par le jeu. »

Pendant le confinement du printemps, en plus de son travail et avec ses trois enfants à la maison, elle a su maintenir le contact avec les familles participantes. Leur motivation va au-delà du seul respect de l’engagement conclu avec elle : « Le concept interpelle leurs valeurs profondes, les rejoint personnellement et suscite le désir de contribuer à la société », affirme-t-elle humblement.

Pour admirer les créations des familles mises en valeur par Camila et celles que le projet lui a inspirées, consultez le site repenserlafamille.com. De plus, elles seront présentées à la galerie d’art Foreman de l’Université Bishop’s jusqu’au 12 décembre et le Centre culturel et communautaire de Waterville jusqu’en janvier 2021.

 

Voir la vidéo: https://www.facebook.com/regiondecoaticook/videos/811269426328809